Incidences

Un professeur de creative writing (atelier d’écriture) un peu coureur a la fâcheuse habitude de céder aux avances de ses jolies élèves. Il ne s’explique pas vraiment l’attrait qu’il exerce auprès de cette population, mais entend bien en profiter puisque cette chance lui est donnée. Tout n’allait pas si mal jusqu’au jour où … Sous ses aspects de thriller, ce roman de Djian aborde les problèmes de l’enfance et de ses blessures qui ne se referment jamais. Les femmes sont omniprésentes dans ce livre, il n’y a pas que les jeunes étudiantes, mais aussi et surtout la mère et la soeur. On comprend alors que ces deux personnes sont à l’origine de son comportement vis-à-vis des femmes. Ce roman est auréolé de mystère a bien des égards, mystère qui est symbolisé par la présence troublante de la forêt. ...

Alice

C’est en consultant le dossier de presse que j’ai appris que Lewis Carroll avait écrit lui-même une version abrégée destinée aux jeunes enfants de son célèbre livre pour petits et grands Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Vous l’aurez compris, c’est la trame de cette version, publiée 25 ans après l’oeuvre originale, qui est reprise et mise en lumière ici. L’imagination débordante du mathématicien ne pouvait pas être mieux illustrée que par ce livre qui déborde d’astuces et de surprises. Gageons qu’il aurait été conquis par cette adaptation colorée et animée. Ce livre est un savant mélange de plusieurs genres ludiques pour enfants au premier rang desquels le pop-up. Le pop-up désigne des éléments qui se dressent en volumes, qui sortent littéralement du livre – je vous laisse découvrir le majestueux château de carte. Il est également un livre animé dans lequel on actionne des mécanismes par le biais de tirettes. Le facétieux chat du Cheshire – essayez un peu de lire ce début de phrase à haute voix – est encore plus convaincant que dans le dessin animé de Walt Disney. D’autres pages se déploient pour créer un tableau géant — vous vous souvenez, Alice change de taille. Enfin, on y trouve aussi des volets à soulever (lift—the—flap). Les enfants vont pouvoir aider la pauvre Alice à ouvrir toutes les portes pour trouver la sortie de la salle au fond du trou. Bref, pour un livre animé, c’est un livre animé et même un très beau livre, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. ...

Esprit d'hiver

Voici ce que disais le Lire du mois d’octobre à propos de Laura Kasischke – je n’arrive toujours pas à prononcer son nom. Il faut se méfier de Laura Kasischke, de son air de mère de famille souriante qui sort de son four d’exquis cookies au chocolat. Et ils ont raison – j’aurais dû m’en méfier ! Elle fait partie de ces auteurs américains plus connus en Europe que dans leur pays d’origine. Aux États-Unis elle est plus connue pour ses talents de poétesse que de romancière. La poésie est d’ailleurs la passion inassouvie de l’héroïne de son roman Esprit d’hiver. Cette femme a eu une existence compliquée – quel bel euphémisme – et s’apprête à vivre un jour de Noël qui démarre sous de bien mauvais auspices. ...

Chroniques de Jérusalem

J’ai terminé la lecture des Chroniques de Jérusalem et je suis très agréablement surpris. L’histoire est celle de Guy Delisle dont la profession est – vous l’aurez deviné – auteur de BD. Il suit sa femme qui est médecin pour une ONG. Cette famille de québécois a donc l’habitude de séjourner à l’étranger, mais cette fois ils se retrouvent à Jérusalem. Malgré la couverture médiatique importante, personne n’est préparé au choc que représente la découverte d’une telle ville et d’un tel pays marqué par l’histoire, la guerre, le choc des cultures, des religions, des traditions. Cette découverte est très bien rendue dans le premier chapitre. L’auteur y retranscrit avec humour la naïveté de l’occidental découvrant ce pays déchiré. Puis, tout au long de ses chroniques, ou de ce qui pourrait être qualifié de journal ou de carnet de voyage, il décrit ses expériences sous forme d’anecdotes dans cet endroit où rien n’est “normal”. Il ne doit pas y avoir d’équivalent au monde et quasiment tout est source d’étonnement pour un occidental vivant en paix dans son pays. ...

23 nov. 2013 ·  BD

Des hommes d'État

La récente parution de Jours de pouvoir de Bruno Le Maire m’a incité à me plonger dans ce précédent ouvrage sur lequel je lorgnais avec envie depuis longtemps. Si les deux ouvrages se distinguent par leur chronologie (Jours de pouvoir est consacré aux années 2010-2012 pendant lesquelles Bruno Le Maire a été ministre sous Nicolas Sarkozy), leur forme est identique. Dans les deux cas il s’agit du journal de Bruno Le Maire qui nous entraine dans les coulisses de la politique. Ce journal couvre la période allant de la nomination de Dominique de Villepin au poste de premier ministre à l’élection de Nicolas Sarkozy à celui de président de la République. ...

Bookhunter

Je viens de terminer Bookhunter et ma déception est à la mesure de mon enthousiasme initial. Vous allez comprendre. Je trouvais l’idée du livre géniale. Une police des bibliothèques traquant les voleurs de livres. De plus, en feuilletant quelques pages, à moins d’être complètement réfractaire à ce style, on tombe sous le charme des dessins rehaussés par de belles couleurs sépias. Leur simplicité et leur dynamisme font merveille pour donner quelque chose de très moderne et très convaincant. ...

10 nov. 2013 ·  BD

La montée des cendres

Amateurs de feux de cheminée, ce livre est fait pour vous. L’auteur consacre 200 pages à cet art ancestral. L’homme a toujours été fasciné par le feu, il faut croire que c’est le cas de Pierre Patrolin qui, après avoir traversé la France à la nage se réchauffe au coin de la cheminée en regardant monter la Seine. Plus sérieusement, ce texte est un poème en prose. L’écriture est magnifique et l’auteur, avec ce livre extrêmement curieux, parvient à créer une ambiance, une atmosphère. Il pleut sur Paris. La Seine monte et menace de déborder. L’homme est seul chez lui et arpente la capitale à la recherche de bois pour alimenter son feu. Cette obsession le pousse à se saisir de tout ce qui peut brûler, de la planche de chantier à la boîte de camembert. ...

Qui se cache sous les fruits ?

J’ai voulu écrire quelque chose sur ce livre pour relever le défit suivant. Est-ce que je parviendrai à expliquer son principe par des mots. A priori rien de bien compliqué, il s’agit d’un livre pour jeunes enfants, et pourtant. Rétrospectivement, je pense que c’était une mauvaise idée et que j’ai échoué, je vous laisse en juger. Dans ce livre les fruits se transforment en animaux – c’est mal parti pour la clarté des explications. La magie opère par le biais de rabats. Sur chaque double-page, un rabat recouvre en partie un dessin et compose ainsi un fruit – la partie du dessin visible + l’extérieur du rabat représentent un fruit. En le soulevant, on découvre que la partie du dessin initialement visible et la partie se trouvant sous le rabat forment maintenant un animal – la partie du dessin visible + l’intérieur du rabat représentent un animal. Avec un exemple parlant ce sera peut-être mieux. Lorsque l’on soulève le rabat sur lequel figure l’extrémité d’une banane on a la surprise de découvrir que l’extrémité visible est en fait le bec du canard qui se cachait dessous – j’espère que l’exemple aide à la compréhension, c’est bien la seule chose qui peut me sauver. ...

Blacksad T1

Pour préparer la sortie du cinquième tome de Blacksad, j’ai entrepris de relire les précédents. Cette nouvelle lecture a produit sur moi la même impression qu’il y a des années – une dizaine – lorsque j’avais découvert ce qui n’était pas encore une série. Une grande claque. Graphiquement le résultat est époustouflant: le raffinement des dessins, leurs détails, la représentation des intérieurs avec des points de vue audacieux en plongée notamment. Le bureau de Blacksad, cette pièce surchargée de meubles et d’objets, en est une illustration parfaite. Elle est visualisée sous plusieurs angles et la mise au point de ces cases a dû représenter un travail considérable – à ce stade il faut être un passionné ou un maso. ...

23 oct. 2013 ·  BD

Le chemin des livres

Philippe le Guillou nous raconte dans ce petit livre son entrée en littérature. Il nous parle de la naissance de sa vocation et de sa passion pour les livres. Sa jeunesse en Bretagne durant laquelle il se rend vite compte qu’il n’est pas comme les autres. Ses années de khâgne qui ne seront pas ce que l’on pourrait s’imaginer. Ses respirations dans la petite librairie des Nourritures terrestre tenue par les soeurs Bertho. Sa rencontre déterminante avec Patrick Grainville. Sa passion pour quelqu’un qui sera comme lui enseignant, Louis Poirier alias Julien Gracq. Sa première maison d’édition, Mercure de France – bravo quelle fidélité. ...

Aâma T1

Ce qu’il y a de bien avec la science-fiction c’est que l’on découvre l’univers en même temps que l’histoire. En marge de l’intrigue et des personnages, la découverte et la compréhension du monde constituent à eux seuls un plaisir intellectuel. Dans ce domaine, les bons auteurs de SF excellent et trouvent toujours des technologies, des systèmes sociaux ou politiques originaux et intelligents qui poussent le lecteur à la réflexion. Il pense alors à leur transposition possible dans le monde réel ou, plus subtilement, à reconsidérer son univers à l’aune de ces nouveautés. ...

9 oct. 2013 ·  BD  ♥

Meka T1

Graphiquement très réussi, le style de cet album est un hybride entre du franco-belge et du manga. Les dialogues sont réduits au minimum et même inexistants par moment. Il faut dire que la combinatoire entre les personnages n’est pas énorme puisqu’ils sont seulement deux: une fille et un garçon, un lieutenant et un caporal respectivement pilote et mécanicien d’un meka. Les mekas sont des robots utilisés comme armes dans une guerre qui oppose deux clans pour des raisons que le lecteur ignore. Le scénario ne vous fatiguera pas par sa densité, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne se passe pas grand-chose. Ajoutez à cela l’ascétisme des dialogues dont nous avons déjà parlé et, si vous ne prenez pas le temps de vous attarder sur les beaux dessins, vous tournerez la dernière page après moins d’un quart d’heure. ...

4 oct. 2013 ·  BD

Ce qu’il advint du sauvage blanc

Ancien élève de l’ENA, il a occupé plusieurs postes dans l’administration en tant que haut fonctionnaire – il travailla notamment pour la Nouvelle-Calédonie – avant de se consacrer à l’écriture et de rencontrer le succès avec son premier roman Ce qu’il advint du sauvage blanc. Cette reconnaissance est méritée tant le livre est bien réalisé. Il est construit sur deux plans temporels exploités dans un ordre chronologique. Dans le premier on suit les aventures du matelot Narcisse Pelletier depuis son abandon sur une île proche de l’Australie par le bateau sur lequel il officiait. Dans le second on s’intéresse, des années plus tard (18 ans), à la découverte d’un homme blanc entièrement tatoué vivant parmi ceux que l’on appelait alors les “sauvages”, c’est-à-dire les aborigènes d’Australie. Celui-ci incapable de parler sera baptisé “le sauvage blanc”. L’un raconte comment quitter la civilisation, l’autre comment y retourner. ...

La télévision

Je revois très bien le geste que j’ai accompli alors, un geste très simple, très souple, mille fois répété, mon bras qui s’allonge et qui appuie sur le bouton, l’image qui implose et disparaît de l’écran. C’était fini, je n’ai plus jamais regardé la télévision. C’est lors d’un été passé à Berlin que le narrateur et personnage principal de ce roman a pris cette terrible et irrévocable décision – pour les plus jeunes, il devait probablement disposer d’un modèle de télévision à tube cathodique dépourvu de télécommande ce qui explique la nécessité d’allonger le bras et le phénomène d’implosion observé lors de l’arrêt de l’appareil. Elle occupait depuis quelques temps trop de place dans sa vie. Et du temps il en a besoin puisque cet été il est resté seul, sa famille partie en vacances, pour se consacrer à la rédaction d’un gros essai – il a déjà le titre, ce sera Le pinceau – consacré à Titien. Enfin à Titien ou Titien Vecellio ou Vecelli ou encore Le Titien comme le nommaient certains dont Alfred de Musset. Cette question du nom à employer peut vous sembler anecdotique pourtant elle ne l’est pas. Elle est même très irritante et il faut bien la trancher pour pouvoir s’atteler sereinement à la rédaction. Il ne s’agit pas de faire preuve de la même inconstance que Proust qui tantôt utilisait Titien tout court et tantôt “[…] préférai[t] adjoindre un petit article défini devant son prénom et l’appeler le Titien, comme à la campagne” – décidément on ne peut se fier à personne. ...

Crève saucisse

Boucherie et bande dessinée font-ils bon ménage ? Eh bien oui, ce Crève saucisse est une réussite. L’histoire de trahison est vielle comme le monde, mais son efficacité n’a jamais été démentie depuis l’antiquité. De la tragédie grecque à la boucherie de quartier il n’y a qu’un pas – certes grand – que les auteurs n’ont pas hésité à franchir et de belle manière. Dans cet univers qui ne me fait pas vraiment rêver – le titre et la couverture donnent un avertissement assez clair sur ce point –, j’ai été pourtant vite pris par l’histoire et me suis même surpris à tourner les pages à une vitesse folle, curieux de connaître la suite. Je n’ai pas été déstabilisé par les choix graphiques ou narratifs, il ne faut pas chercher l’inventivité dans ce registre. Mais ce qu’elle fait, et à tous les niveaux, cette BD le fait bien. Et elle l’assume pleinement en revendiquant ses origines à travers la passion de son personnage principal. ...

16 sept. 2013 ·  BD

84, Charing Cross Road

Le 84, Charing Cross Road est l’adresse d’une librairie de Londres à laquelle s’adresse Helene Hanff pour obtenir ce qu’elle a de plus cher, des livres. Elle est américaine vit ou survit de sa plume en écrivant des pièces de théâtre, mais surtout des scénarios pour la télévision. Ne trouvant pas – à prix abordable – les livres qu’elle recherche près de chez elle, à New York, elle s’adresse à cette librairie se trouvant de l’autre côté de l’Atlantique. A l’époque d’Amazon ce commerce longue distance paraît à la fois complètement fou et finalement très actuel. ...

Ravel

Ravel est le premier volet de la trilogie des vies imaginaires. Comme vous pouvez aisément le deviner, celui-ci est consacré à l’art et plus précisément à la musique. Les deux autres s’intéressent au sport avec Courir (Emil Zátopek) et à la science avec Des éclairs (Nikola Tesla). Vies imaginaires contient une figure de style, une opposition entre vie qui renvoie à la biographie et imaginaire qui renvoie au roman. Cette opposition est représentative de ce qu’a souhaité faire Jean Echenoz, puiser dans la vie de personnalités marquantes l’essence d’un roman – ou romancer leur vie selon comment on voit les choses. Dans cette entreprise, son approche n’est pas exhaustive car son projet n’est pas d’écrire une biographie, mais de détourer quelque chose de précis et de finalement assez réduit: ce qui fait une vie. C’est pour cette raison qu’il ne s’intéresse qu’aux dix dernières années de la vie du compositeur français. ...

Iron , Ou la guerre d'après

Dès les premières pages le lecteur est plongé dans une ambiance. Un mélange à la fois sombre et froid assez intriguant, mais très marqué. Ce n’est pas seulement la couleur qui est à l’origine de cette réussite. La mise en page innovante, la circonspection dans les dialogues et le découpage y sont aussi pour beaucoup. L’ensemble fonctionne très bien et l’immersion est totale. Depuis La Fontaine – et peut-être avant – les animaux ont été utilisés par les hommes pour dénoncer les travers de leurs semblables. Ici ce ne sont pas des animaux mais des êtres anthropomorphes qui sont mis en scène. Ils sont les acteurs d’une guerre civile et de ce que l’on pourrait qualifier soit de résistance ou de terrorisme selon le côté où l’on se trouve – on va donc dire résistance. Ces éléments d’ordre politique viendront, comme toujours, impacter des relations familiales et amicales. ...

24 août 2013 ·  BD

À livre ouvert

Nous sommes en présence de la publication du journal intime de Logan Mountstuart. Comment, ce nom ne vous dit rien, vous ne connaissez pas ce célèbre écrivain ? En cherchant un peu mieux, vous commencez à deviner le subterfuge, il est écrit Roman sur la couverture … Si vous n’avez jamais entendu parler de ce Logan Mountstuart, c’est donc normal car il n’existe pas et n’a jamais existé. Il est né dans l’esprit de l’écrivain britannique bien réel William Boyd. Ce dernier a décidé de réaliser un exercice de style particulier: écrire un journal intime à la place d’un autre. Ce n’est déjà pas facile mais il s’est lancé un défit supplémentaire en en se mettant dans la peau d’un homme vivant au début du XXe siècle. Si ce positionnement temporel n’a pas été choisi par hasard, le destin et la profession de ce personnage ne l’ont pas été non plus. Positionner son personnage au début d’un siècle aussi mouvementé va permettre à l’auteur de confronter son personnage à de nombreux choix et difficultés dans le but de mieux l’évaluer et d’explorer toutes ses facettes à la lumière de ces différents éclairages. Faire de lui un écrivain est le moyen d’explorer le processus complexe de ce métier si particulier qui a la plupart du temps des répercussions importantes sur la vie. ...

Devant ma maison

J’aime beaucoup les imagiers pour les petits. Ils contiennent plein de choses à découvrir, à identifier et à nommer. L’inconvénient est qu’il sont décousus, il n’y pas ou peu de liant entre les planches et ils ressemblent parfois un peu trop à un catalogue. Marianne Dubuc a trouvé une parade, elle combine dans son livre l’imagier et le livre de conte. Tout part de la maison – l’un des premiers dessins réalisés par les enfants. Dans la maison il y a la chambre et sous le lit – lieu de toutes les peurs – un livre de contes – il y a aussi une vielle chaussette juste à côté. Et là, tout bascule. On entre dans le livre pour y trouver une princesse, un dragon, etc. Elle nous ballade comme cela en jonglant entre l’imaginaire des contes de fées et le monde réel. Le principe de passage d’un dessin à l’autre fonctionne un peu à la manière de la comptine Trois petits chats – vous savez “Marabout, Bout d’ficelle […]” – un dessin amenant l’autre à partir d’une transition souvent subtile. D’ailleurs, il est assez réjouissant de voir que l’illustratrice Québécoise ne prend pas les enfants pour des imbéciles. Par sa mise en scène, elle les pousse à réfléchir et bouscule les codes conventionnels – attention, j’ai lu dans un commentaire les récriminations de parents choqués par la présence d’un vampire, on croit rêver. ...