Alice

C’est en consultant le dossier de presse que j’ai appris que Lewis Carroll avait écrit lui-même une version abrégée destinée aux jeunes enfants de son célèbre livre pour petits et grands Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Vous l’aurez compris, c’est la trame de cette version, publiée 25 ans après l’oeuvre originale, qui est reprise et mise en lumière ici. L’imagination débordante du mathématicien ne pouvait pas être mieux illustrée que par ce livre qui déborde d’astuces et de surprises. Gageons qu’il aurait été conquis par cette adaptation colorée et animée. Ce livre est un savant mélange de plusieurs genres ludiques pour enfants au premier rang desquels le pop-up. Le pop-up désigne des éléments qui se dressent en volumes, qui sortent littéralement du livre – je vous laisse découvrir le majestueux château de carte. Il est également un livre animé dans lequel on actionne des mécanismes par le biais de tirettes. Le facétieux chat du Cheshire – essayez un peu de lire ce début de phrase à haute voix – est encore plus convaincant que dans le dessin animé de Walt Disney. D’autres pages se déploient pour créer un tableau géant — vous vous souvenez, Alice change de taille. Enfin, on y trouve aussi des volets à soulever (lift—the—flap). Les enfants vont pouvoir aider la pauvre Alice à ouvrir toutes les portes pour trouver la sortie de la salle au fond du trou. Bref, pour un livre animé, c’est un livre animé et même un très beau livre, il n’y a pas tromperie sur la marchandise. ...

Chroniques de Jérusalem

J’ai terminé la lecture des Chroniques de Jérusalem et je suis très agréablement surpris. L’histoire est celle de Guy Delisle dont la profession est – vous l’aurez deviné – auteur de BD. Il suit sa femme qui est médecin pour une ONG. Cette famille de québécois a donc l’habitude de séjourner à l’étranger, mais cette fois ils se retrouvent à Jérusalem. Malgré la couverture médiatique importante, personne n’est préparé au choc que représente la découverte d’une telle ville et d’un tel pays marqué par l’histoire, la guerre, le choc des cultures, des religions, des traditions. Cette découverte est très bien rendue dans le premier chapitre. L’auteur y retranscrit avec humour la naïveté de l’occidental découvrant ce pays déchiré. Puis, tout au long de ses chroniques, ou de ce qui pourrait être qualifié de journal ou de carnet de voyage, il décrit ses expériences sous forme d’anecdotes dans cet endroit où rien n’est “normal”. Il ne doit pas y avoir d’équivalent au monde et quasiment tout est source d’étonnement pour un occidental vivant en paix dans son pays. ...

23 nov. 2013 ·  BD

Qui se cache sous les fruits ?

J’ai voulu écrire quelque chose sur ce livre pour relever le défit suivant. Est-ce que je parviendrai à expliquer son principe par des mots. A priori rien de bien compliqué, il s’agit d’un livre pour jeunes enfants, et pourtant. Rétrospectivement, je pense que c’était une mauvaise idée et que j’ai échoué, je vous laisse en juger. Dans ce livre les fruits se transforment en animaux – c’est mal parti pour la clarté des explications. La magie opère par le biais de rabats. Sur chaque double-page, un rabat recouvre en partie un dessin et compose ainsi un fruit – la partie du dessin visible + l’extérieur du rabat représentent un fruit. En le soulevant, on découvre que la partie du dessin initialement visible et la partie se trouvant sous le rabat forment maintenant un animal – la partie du dessin visible + l’intérieur du rabat représentent un animal. Avec un exemple parlant ce sera peut-être mieux. Lorsque l’on soulève le rabat sur lequel figure l’extrémité d’une banane on a la surprise de découvrir que l’extrémité visible est en fait le bec du canard qui se cachait dessous – j’espère que l’exemple aide à la compréhension, c’est bien la seule chose qui peut me sauver. ...

Ravel

Ravel est le premier volet de la trilogie des vies imaginaires. Comme vous pouvez aisément le deviner, celui-ci est consacré à l’art et plus précisément à la musique. Les deux autres s’intéressent au sport avec Courir (Emil Zátopek) et à la science avec Des éclairs (Nikola Tesla). Vies imaginaires contient une figure de style, une opposition entre vie qui renvoie à la biographie et imaginaire qui renvoie au roman. Cette opposition est représentative de ce qu’a souhaité faire Jean Echenoz, puiser dans la vie de personnalités marquantes l’essence d’un roman – ou romancer leur vie selon comment on voit les choses. Dans cette entreprise, son approche n’est pas exhaustive car son projet n’est pas d’écrire une biographie, mais de détourer quelque chose de précis et de finalement assez réduit: ce qui fait une vie. C’est pour cette raison qu’il ne s’intéresse qu’aux dix dernières années de la vie du compositeur français. ...

La nuit a dévoré le monde

J’ai entendu parler de ce roman à la radio, en écoutant l’émission Le Masque et la Plume. L’excellent Arnaud Viviant en avait fait son coup de coeur de fin d’émission. Encore une fois, j’ai bien fait de l’écouter. Derrière ce beau titre se cache un roman de zombie. Ce sujet de la culture populaire est en passe de devenir un sous-genre dans la littérature tant la production est importante dans ce domaine et le succès croissant. Après les vampires, c’est le zombie qui fait vendre – pourtant il fait quand même moins rêver. Les livres ou les bandes dessinées finissent adaptés en film ou en séries télé: The Walking dead, Je suis une légende ou encore World War Z pour en citer quelques-uns. ...

En pleine tempête

Le titre En pleine tempête évoque certainement pour beaucoups le beau Georges Clooney à la barre de son bateau face à des vagues immenses. Il faut savoir que ce film – comme beaucoup – est l’adaptation d’un livre ou plus précisément d’un document écrit par le journaliste Sebastian Junger. Ne recherchez donc pas le style en le lisant, il est neutre et s’apparente à celui d’un article de magasine – normal me direz-vous. Clair et sans fioritures, il est bien adapté à ce type de récit. Par contre, pour le côté spectaculaire, vous allez être servis car il relate un évènement connu sous le nom de The Perfect Storm – qui est le titre original du livre. ...

Lastman T1

Lorsque l’on regarde de près le travail de la star montante de la BD, Bastien Vivès, on se rend compte que c’est une question de génération. Récemment primé pour La Grande Odalisque1 il reprend du service en mode collaboratif, mais en embarquant avec lui de nouveaux camarades de jeu. Si on peut raisonnablement considérer que sa précédente création était inspirée du dessin animé diffusé sur FR3 le dimanche soir Cat’s Eyes, on peut également se poser la question des sources d’inspiration pour ce LastMan. Et elles sont potentiellement nombreuses : de la moins avouable référence au grand acteur belge Jean-Claude Van Damme dans Bloodsport à celle bien plus consensuelle de Dragon Ball Z en passant par une partie de Street Fighter II – j’ai reconnu le masque de Vega, l’un des boss du jeu – sur borne d’arcade ou sur Super Nintendo et en finissant par la lecture d’un Naruto dans les toilettes – pour ça le petit clin d’oeil façon manga à la fin du volume nous aide bien. Les frères Bogdanov ont aussi manifestement été une source d’inspiration, mais ça n’a rien à voir. Bastien Vivès n’est pas étranger à tout ça car il ne s’est pas occupé que des couleurs (présentes uniquement sur les premières pages) comme le mentionne la page de garde, mais a construit le scénario et dessine en tandem avec Michaël Sanlaville. Ceci explique pourquoi on retrouve du Vivès dans les dessins sans que ce soit totalement du Vivès (dessins schématiques mais expressifs, aplats de noir, son style quoi). ...

6 juil. 2013 ·  BD

Céline, Hergé et l'Affaire Haddock

Canaille…, Nougat…, Sauvage…, Aztèque…, Grenouille…, Iconoclaste…, Macaque…, Parasite…, Renégat…, Canaque…, Anthracite…, Noix de coco…, Zouave…, Cannibale…, Invertébré…, Réglisse… Vous connaissez tous le personnage qui profère ces insultes; il s’agit du vociférant compagnon de Tintin, le célèbre marin barbu: le Capitaine Haddock. Eh bien vous avez à la fois raison et tort car elles ont également été utilisées par Céline dans son livre Bagatelles pour un massacre1 publié avant Le Crabe aux pinces d’or2 d’où elles sont tirées (respectivement 1938 et 1940-41). Ces seize insultes sont présentes dans les deux ouvrages, quelle étrange coïncidence ! L’histoire aurait pu en rester là et demeurer une anecdote si le livre de Céline n’était pas l’un des pamphlets antisémites qu’il n’assumera pas tout au long de sa vie puisqu’il en interdira lui-même la réimpression. Leur date de publication et les milieux dans lesquels évoluaient Louis Destouches et Georges Remi devenus Céline et Hergé – “c’est-à-dire R. G., ses initiales inversées” – étaient proches sur tous les plans. L’hypothèse – et Émile Brami nous l’explique longuement dans son livre – est donc probable. ...

Elric T1

Il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. Peut-être par le commencement. Lorsque j’ai découvert ce livre sa couverture sombre a fait ressurgir dans ma mémoire des souvenirs de lecture de l’un de ses nobles prédécesseurs dans la belle collection “Grafica” de la maison Glénat : Le Troisième Testament1. Et tout de suite après, j’ai pensé à l’intégrale d’Elric2, parue chez Omnibus, qui prends la poussière depuis quelques années dans ma bibliothèque – à ce propos, pour accompagner la sortie de la bande dessinée, les éditions Pocket rééditent le cycle d’Elric en trois intégrales 3. J’allais donc joindre l’utile à l’agréable en découvrant cet univers qui me tends les bras depuis trop longtemps par la belle porte d’entrée que constitue cette BD. Pour les amateurs de fantasy, c’est une lapalissade que de dire que le personnage d’Elric existe depuis bien longtemps (1945) sous la plume de l’un des plus grands auteurs du genre : Michael Moorcock. Il a créé son héros comme un anti Conan le Barbare. Né albinos et malade, Elric est également tourmenté moralement. On imagine alors très bien comment des générations d’adolescents – ce n’est pas péjoratif – férus de fantasy ont pu s’identifier à ce héros torturé. ...

2 juin 2013 ·  BD

Hunter x Hunter T1

Hunter x Hunter – le x ne se prononce pas – propose un très bon début pour un shōnen. Si le principe est toujours le même, la quête d’un jeune garçon au potentiel important qui va se révéler au fil de l’histoire, le sujet est original. Le héros souhaite devenir un Hunter. Les Hunters constituent un groupe d’élite composé d’experts évoluant dans des domaines variés: recherche de trésors, chasseurs de prime, chef cuisinier, etc. Pour prétendre au titre d’Hunter, il faut être reçu à un concours extrêmement ardu et dangereux – environ 1 / 10 000 candidat le réussi. C’est sur ce concours qu’est centré le premier tome et quelques-uns des tomes suivants. Le concours avec ses pièges, ses nombreux participants et ses épreuves très variées est vraiment très agréable à suivre. Tout commence par une longue marche qui n’est pas sans rappeler le Marche ou crève1 de Stephen King alias Richard Bachman. Enfin, si l’on ne compte pas le voyage jusqu’au lieu du concours qui s’avèrera vite être une première épreuve. ...

26 avr. 2013 ·  BD

Monsieur Lion chez le coiffeur

Monsieur Lion n’est pas très bien peigné. – Allons chez le coiffeur ! propose son ami le singe. Il n’a pas l’air d’être trop d’accord ni trop rassuré, mais il n’a pas trop le choix. Sa crinière est loin d’avoir le lustre digne de son rang de roi des animaux. Elle est hirsute et maculée de feuilles – il a dû se rouler quelque part. Poussé – plus qu’encouragé – par le singe, il se retrouve chez le coiffeur pour la première étape de son relooking: le shampoing. Le singe est à ses côtés l’observant d’un air narquois bien à l’abri sur la page opposée. Et ce n’est qu’un début pour le félin qui se trouve en bien fâcheuse posture et va devoir subir de nombreuses épreuves avant de retrouver – avec un peu de chance – sa majesté. ...

Une fille, qui danse

Une fois n’est pas coutume, – et je vais faire plaisir à Olivier Mannoni, le traducteur de Martin Suter et ancien président de l’ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France), qui avait écrit un commentaire en réponse à mon billet consacré au Diable de Milan – je vais débuter cet article en parlant traduction. Dans Une fille, qui danse, c’est d’abord la virgule figurant dans le titre qui m’a interpelé lorsque j’ai observé la couverture. Ensuite, j’y ai repensé et me suis interrogé sur son sens lors de la lecture. Il semblait seulement faire écho à un épisode anecdotique du livre – après tout pourquoi pas. Lorsque j’ai reposé le livre une fois terminé, cette question du titre m’agaçait encore l’esprit et j’ai donc vérifié ce qu’il donnait dans sa version originale – cette fois, je savais sans le moindre doute qu’il s’agissait d’une traduction – : The sense of an ending. Il n’y a pas besoin d’être très doué en anglais pour s’apercevoir que ces deux titres n’ont rien à voir. Pour en parler qui est mieux placé que le traducteur lui-même, Jean-Pierre Aoustin, que nous avons la chance de lire sur le blog de l’ATLF – tiens nous y revenons, désolé j’ai coupé deux commentaires car je ne voulais pas trop en dévoiler sur l’intrigue : ...

Musique absolue

Le public n’en revient pas de ce qu’il a entendu. À la dernière mesure, il n’applaudit pas, il reste muet, on entend juste le souffle du micro, ensuite seulement quelques applaudissements partent, des applaudissements timides, puis encore un silence, et la salle explose en salves longues et bruyantes. Munich. 7 novembre 1983. Symphonie n°6 de Beethoven dite Pastorale. Si vous me demandez quel est mon enregistrement préféré de Carlos Kleiber, vous avez votre réponse. ...

Mon hippopotame

Cette fois, c’est ma fille qui s’en charge. Je peux vous confirmer qu’elle est très qualifiée pour ce travail car elle possède depuis son plus jeune âge un doudou Hippopotame. Il – enfin dans les faits il sont trois, l’officiel et ses doublures mais chut, il ne faut pas le dire – est très originalement prénommé Hippo. Elle l’adore et ne le quitte pas. A ce titre, elle est certainement l’une des personnes ayant passé le plus de temps en compagnie d’un Hippopotame – je compte les nuits évidemment. Côté Hippo, elle s’y connait et côté livres aussi puisqu’elle en découvre quelques-uns et apprécie tout particulièrement – mis à part le fait de mordre et de tordre les pages – de les lire le soir après son repas. Par contre, côté écriture elle ne remplit pas les conditions requises pour ce poste puisqu’elle ne parle pas encore. Je vais donc lui servir d’interprète et retranscrire de la manière la plus fidèle possible ses impressions. ...

Indian Creek

Indian Creek est un récit autobiographique, celui d’un hiver passé dans les Rocheuses au sein de l’état de l’Idaho par l’étudiant qu’était Pete Fromm en 1978. Les (montagnes) Rocheuses désignent une grande chaîne de montagnes (4 800 km de long pour 650 km de large) s’étalant du nord-ouest des États-Unis au sud-ouest du Canada. Aussi curieux que cela puisse paraître, il a vécu cette expérience dans le cadre d’un job saisonnier – qui ne se déroulait pas comme la plupart des autres l’été, mais l’hiver. L’objectif unique de ce travail était la surveillance d’une retenue d’eau dans laquelle grandissait d’invisibles alevins de saumons. Il consistait principalement à briser la glace qui se formait à la surface du bassin. Car il fait froid l’hiver dans cette région voire très froid surtout lorsque l’on doit vivre dans une tente. Ces conditions climatiques que l’on peut qualifier d’extrêmes constituent le premier inconvénient de ce travail, le second – qui est certainement le premier dans l’ordre d’importance – est très certainement l’isolement. Le site se situe à plusieurs kilomètres de toute civilisation et est uniquement relié au monde par une ligne téléphonique archaïque qu’il est possible d’atteindre après avoir parcouru 15 km depuis la tente. ...

Bilbo le Hobbit

En janvier 2013, Le Magazine littéraire a consacré un dossier sous-titré La fabrique d’un monde à l’auteur de fantasy J. R. R. Tolkien. Ce dossier passionnant et très complet a été grandement alimenté par la récente publication d’un Dictionnaire Tolkien1 aux éditions CNRS. Sa lecture m’a évidemment appris beaucoup de choses – je dois confesser ma méconnaissance du sujet malgré un intérêt constant mais lointain entretenu depuis des années pour cet écrivain et son oeuvre. La plus structurante concerne le processus de création que suivit Tolkien. Il était professeur de langue et de littérature anglaises à Oxford et philologue de formation. Passionné par cette discipline qui étudie la linguistique historique, il fera logiquement du langage – et plus précisément de celui des Elfes – la première pierre de son édifice. Le reste, c’est-à-dire l’univers, sera construit autour afin de donner une cohérence à l’ensemble. ...

Un roman russe

Dans ce livre qui n’est pas, contrairement à ce que le titre pourrait le laisser croire, un roman, l’auteur de D’autres vies que la mienne1 cette fois raconte sa propre vie. Enfin, une partie marquée par trois grandes préoccupations ou trois grands thèmes. Le premier est un reportage à Kotelnitch réalisé pour l’émission Envoyé Spécial afin de raconter l’histoire du dernier prisonnier hongrois retenu en Russie. La découverte de cette ville et de ses habitants va le pousser à modifier son projet initial. Le second est une histoire d’amour avec la belle Sophie qui se noue au début du reportage. C’est un amour passionnel, une histoire chaotique et tourmentée que s’apprête à vivre Emmanuel Carrère. Le troisième est une enquête sur ses origines et plus précisément sur son grand-père. Cet intellectuel géorgien issue d’une famille de notables (la famille Zourabichvili) a connu un destin tragique. Son caractère ombrageux s’est noirci au fil du temps pour s’approcher lentement de la folie. Sa disparition sur fond de fin de guerre et de collaboration reste aujourd’hui encore un mystère. ...

L’Hiver du dessinateur

Dès l’ouverture du colis, la découverte du livre a été une bonne surprise. Tout commençait donc très bien. Le format souple d’une taille plus petite que la moyenne se révèle très satisfaisant et très agréable à manipuler. La couverture est magnifique. Il faut observer la profondeur de l’image, le cadrage, les détails, le mouvement des personnages au premier plan et enfin les couleurs. Elle donne le ton car le reste de l’album est à l’avenant, magnifique. Les dessins ligne claire sont très réussis et la mise en couleur ne l’est pas moins. Les jeux d’ombres et de lumières mettent en valeur l’ambiance du Barcelone du milieu du siècle dernier, celle de la Rambla et des bar à tapas - même si l’action se déroule en grande partie à l’intérieur des logements ou dans des bureaux. Et pour cause, puisqu’il s’agit d’une histoire de gratte-papiers et plus précisément de dessinateurs de bandes dessinées. Cinq des plus talentueux de leur époque ont décidé de conquérir leur indépendance en lançant leur propre magazine de bandes dessinées alors que la maison d’édition Bruguera règne sans partage sur ce milieu en Espagne. ...

10 janv. 2013 ·  BD

1602

Lorsqu’un très grand scénariste BD rencontre un dessinateur talentueux, le résultat est forcément à la hauteur. Il l’est d’autant plus lorsque le projet est ambitieux. Il consiste à se projeter en 1602 à l’époque où les premiers colons s’installèrent sur le sol américain. Même si c’est un élément important, le coeur de l’histoire ne se trouve pas là mais de l’autre côté de l’Atlantique, en plein coeur du centre névralgique du monde d’alors : L’Angleterre. Le pays est en proie à des phénomènes météorologiques inquiétants qui alourdissent un climat déjà tendu par d’âpres luttes de pouvoir. Il se pourrait même que le trésor des templiers joue un rôle dans cette histoire. ...

19 nov. 2012 ·  BD

Kennedy et moi

J’ai du mal à parler de ce livre. Pourtant je l’ai beaucoup aimé. Peut-être que mon manque d’inspiration est lié à son sujet, diffus et finalement assez commun. Il met en scène une famille qui s’est fissurée et est prête a éclater. En fait, le coeur a déjà éclaté mais une fine couche à la surface permet de la maintenir à flot. Les enfants sont grands (une fille et deux fils, des jumeaux) et la famille n’est désormais composée que d’adultes qui n’ont plus grand chose en commun – je dirais même que tout oppose. Le plus atteint de tous est incontestablement le père – disons que c’est lui qui supporte le plus difficilement le poids de cette situation. Depuis un pétage de plomb mémorable en public, cet écrivain n’a plus écrit une ligne et navigue entre neurasthénie et folie pure. ...