Le roman du mariage

J’avais entendu des critiques très mitigées à propos du dernier roman de Jeffrey Eugenides. N’ayant pas lu les précédents – j’ai seulement vu l’adaptation cinématographique, à la superbe BO, de Virgin Suicides –, je n’avais pas d’a priori au sujet de cet auteur. A ma grande surprise, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Il y a même bien longtemps que je n’avais pas autant apprécié un livre. Je vais donc m’atteler à la difficile tâche d’en parler – j’ai toujours un blocage lorsque j’ai beaucoup aimé un livre. Alors, je m’y suis préparé, j’ai pris beaucoup de notes pendant ma lecture et souligné de nombreux passages. Je vais donc essayer d’utiliser au mieux ces éléments, autrement dit il va y avoir un tas – et certainement trop – de citations, vous êtes prévenus. ...

1 févr. 2014 · #279 ·  Roman  ♥

Nietzsche, se créer liberté

Je n’aurais pas lu un livre sur Friedrich Nietzsche, il est comme un mythe qui semble inabordable. La curiosité, la popularité de Michel Onfray et la couverture médiatique dont a bénéficié ce livre m’ont amené à emprunter Nietzsche: se créer liberté à la bibliothèque. Démystifier sans tomber dans la vulgarisation, rendre ces éléments (pensée et biographie) accessibles au plus grand nombre. Décidément, la bande dessinée est encore bien mal considérée eu égard à son apport. ...

19 déc. 2013 · #273 ·  BD  ♥

Blacksad T1

Pour préparer la sortie du cinquième tome de Blacksad, j’ai entrepris de relire les précédents. Cette nouvelle lecture a produit sur moi la même impression qu’il y a des années – une dizaine – lorsque j’avais découvert ce qui n’était pas encore une série. Une grande claque. Graphiquement le résultat est époustouflant: le raffinement des dessins, leurs détails, la représentation des intérieurs avec des points de vue audacieux en plongée notamment. Le bureau de Blacksad, cette pièce surchargée de meubles et d’objets, en est une illustration parfaite. Elle est visualisée sous plusieurs angles et la mise au point de ces cases a dû représenter un travail considérable – à ce stade il faut être un passionné ou un maso. ...

23 oct. 2013 · #264 ·  BD

Aâma T1

Ce qu’il y a de bien avec la science-fiction c’est que l’on découvre l’univers en même temps que l’histoire. En marge de l’intrigue et des personnages, la découverte et la compréhension du monde constituent à eux seuls un plaisir intellectuel. Dans ce domaine, les bons auteurs de SF excellent et trouvent toujours des technologies, des systèmes sociaux ou politiques originaux et intelligents qui poussent le lecteur à la réflexion. Il pense alors à leur transposition possible dans le monde réel ou, plus subtilement, à reconsidérer son univers à l’aune de ces nouveautés. ...

9 oct. 2013 · #262 ·  BD  ♥

La télévision

Je revois très bien le geste que j’ai accompli alors, un geste très simple, très souple, mille fois répété, mon bras qui s’allonge et qui appuie sur le bouton, l’image qui implose et disparaît de l’écran. C’était fini, je n’ai plus jamais regardé la télévision. C’est lors d’un été passé à Berlin que le narrateur et personnage principal de ce roman a pris cette terrible et irrévocable décision – pour les plus jeunes, il devait probablement disposer d’un modèle de télévision à tube cathodique dépourvu de télécommande ce qui explique la nécessité d’allonger le bras et le phénomène d’implosion observé lors de l’arrêt de l’appareil. Elle occupait depuis quelques temps trop de place dans sa vie. Et du temps il en a besoin puisque cet été il est resté seul, sa famille partie en vacances, pour se consacrer à la rédaction d’un gros essai – il a déjà le titre, ce sera Le pinceau – consacré à Titien. Enfin à Titien ou Titien Vecellio ou Vecelli ou encore Le Titien comme le nommaient certains dont Alfred de Musset. Cette question du nom à employer peut vous sembler anecdotique pourtant elle ne l’est pas. Elle est même très irritante et il faut bien la trancher pour pouvoir s’atteler sereinement à la rédaction. Il ne s’agit pas de faire preuve de la même inconstance que Proust qui tantôt utilisait Titien tout court et tantôt “[…] préférai[t] adjoindre un petit article défini devant son prénom et l’appeler le Titien, comme à la campagne” – décidément on ne peut se fier à personne. ...

22 sept. 2013 · #259 ·  Roman  ♥

Iron , Ou la guerre d'après

Dès les premières pages le lecteur est plongé dans une ambiance. Un mélange à la fois sombre et froid assez intriguant, mais très marqué. Ce n’est pas seulement la couleur qui est à l’origine de cette réussite. La mise en page innovante, la circonspection dans les dialogues et le découpage y sont aussi pour beaucoup. L’ensemble fonctionne très bien et l’immersion est totale. Depuis La Fontaine – et peut-être avant – les animaux ont été utilisés par les hommes pour dénoncer les travers de leurs semblables. Ici ce ne sont pas des animaux mais des êtres anthropomorphes qui sont mis en scène. Ils sont les acteurs d’une guerre civile et de ce que l’on pourrait qualifier soit de résistance ou de terrorisme selon le côté où l’on se trouve – on va donc dire résistance. Ces éléments d’ordre politique viendront, comme toujours, impacter des relations familiales et amicales. ...

24 août 2013 · #255 ·  BD

Devant ma maison

J’aime beaucoup les imagiers pour les petits. Ils contiennent plein de choses à découvrir, à identifier et à nommer. L’inconvénient est qu’il sont décousus, il n’y pas ou peu de liant entre les planches et ils ressemblent parfois un peu trop à un catalogue. Marianne Dubuc a trouvé une parade, elle combine dans son livre l’imagier et le livre de conte. Tout part de la maison – l’un des premiers dessins réalisés par les enfants. Dans la maison il y a la chambre et sous le lit – lieu de toutes les peurs – un livre de contes – il y a aussi une vielle chaussette juste à côté. Et là, tout bascule. On entre dans le livre pour y trouver une princesse, un dragon, etc. Elle nous ballade comme cela en jonglant entre l’imaginaire des contes de fées et le monde réel. Le principe de passage d’un dessin à l’autre fonctionne un peu à la manière de la comptine Trois petits chats – vous savez “Marabout, Bout d’ficelle […]” – un dessin amenant l’autre à partir d’une transition souvent subtile. D’ailleurs, il est assez réjouissant de voir que l’illustratrice Québécoise ne prend pas les enfants pour des imbéciles. Par sa mise en scène, elle les pousse à réfléchir et bouscule les codes conventionnels – attention, j’ai lu dans un commentaire les récriminations de parents choqués par la présence d’un vampire, on croit rêver. ...

Vengeances

Il n’avait pas été très malin de ramener cette fille chez lui, de refaire le chemin avec elle pour l’installer dans la chambre d’amis. Il n’y comprenait rien. Il avait l’impression d’avoir agi comme un somnambule, d’avoir agi sous l’emprise d’un charme funeste, et d’ailleurs, la matinée avait été étrangement lumineuse, l’air glacé. En lisant les commentaires des lecteurs de Djian concernant ce livre paru en 2011, j’ai retenu une chose: ce n’est pas son meilleur livre. Et pourtant, le néophyte que je suis a été emballé par ces Vengeances. Plusieurs personnes m’avaient parlé de ce célèbre auteur français connu pour le sulfureux 37°2 le matin et s’étaient même offusquées lorsque je leur avais avoué sans ambages ne rien avoir lu de lui. Je n’ai pas d’explication concernant cette impasse. Peut-être des souvenirs de plateau télé à l’époque de la sortie de sa série Doggy Bag. Je me souviens très bien que le personnage m’avait déplu, sans raison particulière comme l’impression négative que l’on éprouve parfois lors d’une première rencontre. Il faut donc mieux définitivement faire connaissance avec l’oeuvre avant de rencontrer son auteur. ...

11 juil. 2013 · #249 ·  Roman  ♥

Where's Spot?

Peut-être un peu moins connu en France, la série Spot est une référence outre-Manche. Elle a contribué à populariser le système des livres à volets connu dans son pays d’origine sous le nom très parlant de lift-the-flap books. Il faut dire que le principe est diablement efficace et plaît beaucoup aux enfants qui se régalent de soulever les volets pour découvrir ce qui se cache derrière. Dans ce livre, la maman de Spot le cherche car il n’a pas touché à son repas, sa gamelle est pleine – rassurez-vous ce sont des chiens. ...

Strangers in Paradise T1

J’ai retrouvé dans un carton les deux premiers volumes, parus aux éditions Le Téméraire (maison d’édition aujourd’hui disparue), de Strangers in Paradise. Cette série, connue par les passionnée sous l’acronyme SiP, est une référence de la bande dessinée indépendante outre-Atlantique. Cette reconnaissance n’a pas été facile à obtenir dans l’univers bipolaire des comics partagé entre les super-héros – surtout – et le polar – un peu. En débarquant en 1992-93 avec sa série en noir et blanc parfois qualifiée de Soap opera, Terry Moore, jusqu’alors inconnu, n’a pas eu droit au tapis rouge. Il a dû passer par la case auto-édition avant d’accéder à une reconnaissance ô combien méritée. Après avoir remporté plusieurs prix, dont un Eisner Award, il a mis un point final à la série en 2007. Le bilan est impressionnant : 19 tomes dans l’édition en VO (“full-size paperback”) ce qui représente plus de 2 400 pages dans l’édition Omnibus à paraitre – nous y reviendrons. ...

23 juin 2013 · #246 ·  BD  ♥

Le livre des cris

Je le confesse, je n’étais pas emballé lorsque j’ai acheté ce livre pour ma fille. On m’en avait dit beaucoup de bien et j’ai accordé plus de crédits à ces avis qu’à mes aprioris. Bien m’en a pris puisque j’ai fini par être pleinement convaincu par ce livre. Examinons les raisons de ce revirement de situation. D’abord le concept. Découvrir les animaux via leurs cris – le “s” a son importance. Dans les faits, en plus de détailler les différents cris, il illustre et donne le nom de chaque animal mâle, femelle et petit. Ce concept assez simple et banal en apparence se révèle plus drôle qu’il n’y paraît lorsque les parents se lancent dans la reproduction de ces cris. Si ceux du chien et du chat sont à la portée du premier venu, le grognement du raton laveur ou le ricanement de la hyène sont d’un autre niveau et permettent aux parents de se ridiculiser en beauté pour le plus grand bonheur des enfants. Ensuite les dessins. C’est sur ce point que j’étais le plus sceptique et que mon avis a le plus radicalement changé. Le style non conventionnel de Soledad Bravi est reconnaissable et s’est révélé, au fil des lectures, de plus en plus séduisant. En jouant à fond la carte de la caricature – ce n’est pas le bon mot, mais je ne trouve rien de mieux – elle dessine des animaux différents, expressifs et souvent vraiment marrants. Ces dessins sont sublimés par l’apport des couleurs et ce sera le dernier point. Je trouvais la surabondance des couleurs pas vraiment esthétique. Elles constituent pourtant l’un des grands points forts du livre. Vives et percutantes, elles donnent vie aux dessins. La palette de couleurs d’un dessin est travaillée et joue sur les contrastes ou les camaïeux. ...

Un tueur sur la route

James Ellroy se met dans la peau d’un tueur en série et nous raconte son histoire. Ce livre est le récit réalisé par un tueur de son épopée sanglante. La narration est donc à la première personne. Elle est ponctuée par des extraits de journaux, de rapports de police et du journal d’un enquêteur. Pour un livre de James Ellroy, il est très accessible car il y a peu de personnages – il croisera tout de même la route d’une célébrité plutôt flippante elle aussi : Charles Manson – , ou en tout cas ils ne sont pas présents très longtemps … Le tueur est un personnage complexe à la fois très intelligent et extrêmement violent. Il est imprévisible et souffre, en plus d’une enfance très difficile, de graves troubles psychologiques (schizophrénie). ...

15 mai 2013 · #241 ·  Noir

La nuit de l’oracle

New York, un écrivain, un carnet – un bleu et pas un rouge –, le hasard, une pointe de mystère et une mise en abîme, on est bien chez Paul Auster. Installez-vous confortablement et profitez de ce bon moment. Tout le monde connaît l’histoire du gars qui sort acheter des cigarettes et qui ne revient jamais. Eh bien c’est un peu cette histoire, mais en plus subtil. Sidney Orr, le personnage écrivain de Paul Auster, va se lancer dans l’écriture d’un roman dont l’idée lui a été soufflée par son ami et l’ami de sa femme – vous verrez, ce n’est pas anodin – lui aussi écrivain John Trause. Il s’agit de reprendre à son compte une anecdote racontée par Sam Spade le détective du roman de Dashiell Hammett Le faucon de Malte1. Elle est connue sous le nom de “parabole de Flitcraft”. Flitcraft, raconte Spade, est un homme bénéficiant d’une vie confortable, d’une famille, de l’argent, bref quelqu’un qui, comme l’on dit, a tout pour être heureux. Mais un jour, il quitte son travail et disparait. Que lui est-il arrivé ? Eh bien en allant déjeuner, il manquât d’être tuée par la chute d’une poutre tombée d’un immeuble en construction. Le souffle de la mort lui fit prendre conscience que l’existence peut s’arrêter d’un moment à l’autre et qu’il est temps de mettre de côté sa vie rangée pour en vivre une nouvelle. La morale – puisqu’il s’agit d’une parabole c’est-à-dire d’une allégorie – ne se trouve paradoxalement pas dans cette prise de conscience subite, mais dans la fin de l’histoire. Lorsque Spade croise Flitcraft des années plus tard, il vit sous le nom de Charles Pierce – ce qui semble être une référence au philosophe Charles Sanders Peirce – dans une autre ville. Il a un nouveau travail, une nouvelle femme et un bébé. Bref, Flitcraft a quitté sa précédente vie pour en recréer une similaire, il est revenu à sa vie d’avant. ...

4 mai 2013 · #239 ·  Roman  ♥

L'Adversaire

Le matin du samedi 9 janvier 1993, pendant que Jean-Claude Romand tuait sa femme et ses enfants, j’assistais avec les miens à une réunion pédagogique à l’école de Gabriel, notre fils aîné. Il avait cinq ans, l’âge d’Antoine Romand. Nous sommes allés ensuite déjeuner chez mes parents et Romand chez les siens, qu’il a tués après le repas. Ce livre est le récit non romancé de cette tragédie. Le point de vue adopté est celui de l’auteur, Emmanuel Carrère. Qu’est-ce qui l’a poussé à entreprendre la retranscription de cette histoire sordide. Certainement pas le sensationnel, mais plutôt la volonté de tenter de comprendre l’incompréhensible. Le cheminement suivi par l’auteur a été long et le livre a bien failli ne pas voir le jour. Sa genèse et sa conception se retrouvent en filigrane dans le récit. La construction est basée sur la chronologie; pas celle des évènements mais celle du travail de l’auteur. ...

L'Art invisible

En bande dessinée, lorsque le dessinateur et le scénariste ont bien fait leur travail, paradoxalement ça ne se voit pas. Dans ce cas, on ne remarque pas une admirable transition ou des dimensions de cases particulièrement appropriées. Ce que le lecteur ressent reste au niveau de l’expérience de lecture, il va parler d’un rythme, d’une impression de fluidité. Bref on apprécie le résultat, l’effet produit et non les ficelles qui ont permis cette prouesse. C’est à cet endroit précis que réside l’art invisible et c’est tout le propos de Scott McCloud de nous montrer combien cet art, ce fameux 9ème art, est magique. Pour cela, il part de très loin en remontant le temps à la recherche des premières traces “d’art séquentiel” mais aussi et surtout à la source des processus complexes (cognitifs) mis en oeuvre par notre cerveau pour que la magie opère. Il insiste sur l’importance des blancs entre les cases — qui les avait remarqué —, ils permettent au lecteur d’imaginer ce qui s’est passé entre les deux cases, de faire lui-même la transition, de laisser libre cours à son imagination. Ce que je dis là est extrêmement réducteur par rapport à la justesse, à la pertinence et à la richesse de ce livre. ...

3 févr. 2013 · #227 ·  BD  ♥

L’analyse du récit

Yves Reuter est agrégé de lettres et enseigne à l’université Lille-III. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Introduction à l’analyse du roman. La trame du livre dont nous parlons ici, L’analyse du récit, reprend, en la simplifiant, la trame de ce précédent ouvrage. Il se donne donc pour objectif de présenter l’analyse du récit de manière condensée – il est publié dans la collection 128 des éditions Armand Colin qui propose en 128 pages des ouvrages de synthèse embrassant de nombreux domaines dont la littérature. Pour ce faire, il s’attarde sur ses trois grandes constituantes à savoir: ...

Un printemps à Tchernobyl

Dans le cadre d’une association, Emmanuel Lepage, accompagné d’autres personnes (artistes et journalistes) a entrepris le plus terrible des voyages. Un voyage l’amenant cette fois sur les terres de la désolation (il est l’auteur d’un précédent ouvrage consacré aux Terres Australes et Antarctiques Françaises intitulé Voyage aux îles de la Désolation1), celles qui furent le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire: la région de Tchernobyl et la ville voisine de Prypiat. ...

29 déc. 2012 · #222 ·  BD  ♥

Le rapport de Brodeck

On vient de confier à Brodeck une lourde tâche. Alors qu’il n’avait rien demandé, c’est tombé sur lui. Il a désormais la charge de raconter ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit de l’Ereigniës. Pour s’acquitter de sa mission, il va devoir lire au fond de l’âme des habitants du village et finira par explorer la sienne réduite en bouillie, à l’état de viande hachée, par la guerre et les camps. Il devra découvrir qui est vraiment l’homme que l’on appelle Vollaugä (yeux pleins), De Murmelnër (le murmurant), Mondlich (lunaire), Gekamdörhin (celui qui est venu de là bas) mais que tout le monde s’accorde finalement à nommer tout simplement l’Anderer (l’Autre.) Celui qui est arrivé un jour sans prévenir dans ce village balafré par la guerre. ...

23 sept. 2012 · #210 ·  Roman  ♥

Face aux ténèbres

En France, les troubles dépressifs majeurs touchent chaque année environ 8% de la population. Ce chiffre pourrait au moins être multiplié par deux si l’on prenait en compte les personnes présentant un ou plusieurs symptômes sans toutefois que le diagnostic de dépression puisse être établi. Autant dire que vous risquez d’y être confronté au cours de votre vie. Elle peut toucher quelqu’un de votre entourage, l’un de vos proches, un membre de votre famille ou vous-même. C’est le cas de l’écrivain américain William Styron. Dans son milieu, le milieu artistique et intellectuel, elle a fait des ravages et pris la vie de nombre de ses membres: “Hart Crâne, Vincent Van Gogh, Virginia Woolf, Arshile Gorky, Cesare Pavese, Romain Gary, Vachel Lindsay, Henry de Montherlant, Sylvia Plath, Mark Rothko, John Berryman, Jack London, Ernest Hemingway, William Inge, Diane Arbus, Tadeusz Borowski, Paul Celan, Ann Sexton, Sergei Essénine, Vladimir Maïakovski.” ...

Elmer

Gerry Alanguilan est philippin, ce n’est pas si courant que des bandes dessinées de ce continent parviennent jusqu’à nous. C’est certainement un gage de qualité mais nous y reviendrons. Son idée paraît complètement invraisemblable, complètement saugrenue. Il a tout simplement imaginé qu’un beau jour des années 70, les poulets prennent subitement conscience. Ils sont désormais doués de raison et ne vont donc pas tarder à se rendre compte de leur condition d’existence et du traitement qui leur est infligé par leurs tortionnaires les humains: élevage en batterie, massacre organisé pour se nourrir ou pour endiguer une épidémie de grippe aviaire. Ils ne vont pas tarder à revendiquer leurs droits, se révolter pour se libérer du joug de leur oppresseur. ...

23 juin 2012 · #198 ·  BD  ♥