More Joel on Software

Il s’agit tout simplement d’un recueil d’articles du blog Joel on Software venant compléter ceux qui avaient été sélectionnés pour constituer le premier recueil au titre éponyme Joel on Software. On pourrait donc légitiment se dire que l’on y trouvera pas le meilleur, que ce sera du réchauffé – un peu comme la suite, souvent peu inspirée d’un film à succès – et d’un côté c’est vrai, il y a indéniablement de ça. Mais en même temps lorsque l’on a beaucoup apprécié le premier – et c’est mon cas – on est bien content d’avoir du rab qu’il soit réchauffé ou pas. On pourrait aussi se dire tout aussi légitimement qu’il s’agit de vielles histoires – de dinosaures – du temps des grands débuts tonitruants d’Internet, c’est vrai aussi, mais certaines n’en restent pas moins édifiantes, le recul ne les rendant que plus vraies. ...

L’Inconnu de la poste

Dès que j’ai vu le nom de Florence Aubenas associé à un fait divers, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ces quelques lignes à la fin d’un article de Libération signé par la journaliste qui ont éveillé la curiosité d’Emmanuel Carrère pour l’affaire Jean-Claude Romand et qui ont donné lieu à l’un des tout meilleurs livres, L’Adversaire, traitant d’un crime depuis celui que l’on cite toujours lorsque l’on évoque ce type d’ouvrage, le De sang-froid1 de Truman Capote. La comparaison s’arrête là. L’Inconnu de la poste n’est pas dans une oeuvre qui restera dans l’histoire, mais un livre qui n’a pas cette ambition et qui se contente plus modestement de relater des faits qui de par leur nature ne nécessitent pas d’adjonctions pour intéresser le lecteur. ...

23 févr. 2021 · #591 ·  Noir  ♥

L’Un l’autre

Thomas roula le journal, le posa sur le banc. Il pris son verre pour le vider, hésita, fit tourner le vin à l’intérieur, puis reposa son verre à côté de celui d’Astrid, qui était vide. C’était moins une pensée qu’une image: le banc abandonné dans la lumière du matin, le journal avec ses pages gondolées par la rosée, et les deux verres avec quelques moucherons noyés nageant à la surface dans celui qui était resté à moitié plein. ...

6 févr. 2021 · #587 ·  Roman  ♥

Rosalie Blum

J’ai découvert Camille Jourdy via une BD jeunesse que j’avais beaucoup apprécié, Les vermeilles. Ces dessins très particuliers me rappelaient quelque chose, le souvenir de couvertures croisées lors d’explorations à la bibliothèque. Celui d’un dessin doux et expressif à la fois au style finalement assez unique. En retournant fouiller dans la section des “J”, je suis tombé sur Rosalie Blum qui fait l’objet de cet article. N’ayant pas trouvé Juliette1 dans les rayonnages et étant quasiment sûr de l’avoir déjà vu, j’ai demandé à le réserver et je pourrai ainsi le lire, je l’espère bientôt. ...

24 déc. 2020 · #579 ·  BD

C’est quoi, un terroriste ?

Doan Bui est journaliste à L’Obs spécialisée dans le “terro”. Elle s’est associée à la dessinatrice et auteur de BD Leslie Plée – dont j’apprécie tout particulièrement le travail depuis Éloge de la névrose en 10 syndromes – pour réaliser cet ouvrage. Le sujet principal est le procès d’Abdelkader Merah, mais par un travail de journaliste, un témoignage et une réflexion elle va plus loin en s’interrogeant plus largement sur le terrorisme et sur le rôle et la place des journalistes face à ce fléau. ...

9 déc. 2020 · #576 ·  BD  ♥

Les vermeilles

Les vermeilles est le titre d’une bande dessinée jeunesse inspiré du nom d’une des plus marquantes espèces de créature qui peuplent cet univers – et ce ne sont pas les seules. Il s’agit d’un conte, ou plutôt d’une aventure – ou peut-être est-ce les deux. Finalement quelque chose disons d’accès classique dans le fond, qui colle volontairement aux canons du genre. Mais Camille Jourdy se démarque par un choix de personnages tous plus originaux les uns que les autres. Ils sont hétéroclites, je n’en avais jamais croisé de pareils à tel point que j’aurais même du mal à les décrire. Je vais quand même le faire pour les merveilleuses vermeilles – désolé je n’ai pas pu resister – qui ressemblent à des petits poneys, vous savez ceux très colorés du dessin animé. ...

Le Grand Paris

Je suis de plus en plus ébloui par le travail d’Aurélien Bellanger et ce livre est peut-être le plus abouti – même si je n’ai pas encore lu Le continent de la douceur1. Comme a son habitude le livre est adossé à un sujet réel et la part de la fiction est clairement minoritaire. La qualité et la quantité des informations rassemblées sont impressionnantes et la façon dont elles sont restituées est magistrale, son talent d’écrivain éclate à chaque phrase. Le sujet donc est l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 et la conception de ce qui restera l’un des héritages principaux de son mandat, le Grand Paris. Ce projet tel qu’il est présenté dans ce livre est ni plus ni moins que l’absorption par Paris des départements alentours pour devenir une seule citée unifiée, pacifiée gommant par la même les différences et les inégalités, prête à devenir une Rome du XXIème siècle. Au sein de ce projet monumental, un département cristallise les inégalités, le 93. ...

3 déc. 2020 · #574 ·  Roman  ♥

Moi, Charlotte Simmons

Je ne sais pas pour quelle raison, mais je suis un grand fan d’un sous-genre littéraire – ce n’est pas péjoratif – relativement confidentiel portant le nom de campus novel et qui désigne – comme son nom l’indique – un roman se déroulant au sein d’une université. Je pense que tout a commencé avec les romans de David Lodge, la Trilogie de Rummidge, puis avec le livre de Donna Tartt Le maître des illusions, s’est poursuivi avec Le roman du mariage qui n’est pas dans le canon, mais s’en approche. Avec Moi, Charlotte Simmons par contre on est en plein dans l’archétype et c’est le grand Tom Wolfe qui s’y colle. Le dandy a promené son costume blanc sur les campus – il n’a pas dû passer inaperçu – afin de collecter, comme à son habitude, le matériel nécessaire à l’écriture de son livre. ...

20 nov. 2020 · #572 ·  Roman

Des raisons de se plaindre

La quatrième de couverture donne – pour une fois – une indication intéressante ne gâchant pas le plaisir de lecture. La gent masculine, voilà le sujet des nouvelles qui composent Des raisons de se plaindre. Leur petites lâchetés, leur mauvaise foi, leurs erreurs et leurs errances. Leurs soucis d’argent, leurs peines de coeur et leur compétition sexuelle… mais aussi leur charme, leur maladresse. On n’aimerait pas forcément croiser ces personnages dans la vraie vie. Mais l’humour et la cocasserie les rachètent. En somme, ils nous ressemblent. ...

Eli & Gaston T1

Si vous avez envie d’une balade en forêt pour profiter des belles couleurs de l’automne, mais qu’il pleut dehors – ou que vous avez déjà utilisé votre attestation de sortie pour la journée – plongez-vous dans ce premier tome des aventures d’Eli & Gaston intitulé L’esprit de l’automne. Les couleurs sont chatoyantes et les dessins agréables avec un côté cartoon qui correspond bien au genre. L’histoire est celle d’une petite fille prénommée Eli et de son chat Gaston qui partent en vacances à contre coeur chez la grand-mère qui habite une campagne reculée. Ce séjour leur réserve quelques surprises, ils vont être confrontés à d’anciennes légendes et ne verront plus jamais les vacances à la campagne du même oeil. ...

Ploutocratie

Quand j’ai emprunté cette BD à la bibliothèque, je me suis dit tiens encore une dystopie. Et puis les dessins ne m’ont pas trop attiré. Tout ceci pour dire que je n’étais pas très enthousiaste en commençant cette bande dessinée dont je n’avais jamais entendu parler et dont je ne connaissais pas son auteur, l’espagnol Abraham Martinez. En débutant ma lecture, je ne sais donc pas trop quoi en penser, je vois bien l’idée du scénario inspiré de la dérive actuelle, mais je peine à croire qu’il soit crédible – pourquoi pas après tout, mais je reste quand même sceptique et ça m’empêche d’entrer vraiment dans l’histoire. Quant aux dessins, ils sont vraiment très marqués, très particuliers, très noirs, certains personnages sont volontairement moches. Je sais que c’est un choix délibéré, mais ce n’est pas très agréable – je sais ce n’est pas fait pour l’être – mais ça n’aide pas à apprécier la BD. Dans le genre dystopie récente en BD je trouve que Préférences Systèmes a mis un grand coup y compris sur l’aspect graphique. Puis, des références, dans les dessins et dans le texte, à Ayn Rand et à son livre Atlas Shrugged1 ravivent mon intérêt. ...

25 sept. 2020 · #564 ·  BD  ♥

Dune

Dune, le grand oeuvre de Frank Herbert est certainement, avec Hypérion1 et Fondation, l’un des romans les plus connus de la science fiction. Comme il date de 1965, on peut le considérer comme un classique du genre. Et c’est peut-être la première chose qui frappe en lisant ce livre. Il n’a rien d’un classique, il n’est pas du tout daté dans sa forme et même étonnamment d’actualité sur le fond puisqu’il aborde des thèmes aussi contemporains que l’écologie, la géopolitique de l’accès aux ressources et les guerres, dont le djihad – ce sont aussi malheureusement des sujets qui ont tendance à rester d’actualité quelque soit l’époque. ...

L’arabe du futur T2-3

Passée la surprise du premier tome, on se penche plus en détail – j’aurais pu dire plus sereinement, mais je ne sais pas si c’est vraiment le cas – sur la vie quotidienne en Syrie, et notamment sur son système éducatif, c’est-à-dire plus prosaïquement l’école. Et c’est pour le moins surprenant voire choquant pour notre regard d’occidental – j’ai bien souvenir d’avoir entendu parler des coups de règle sur les doigts que les maîtres infligeaient parfois à la génération de mes parents, mais là on se situe un bon cran au-dessus me semble-t-il. Cette impression est largement partagée par la mère du jeune Riad qui semble avoir de plus en plus de mal à vivre dans ce pays si différent du sien. Pourtant le père de Riad, Abdel, s’échine à améliorer le quotidien et tente de le rendre plus agréable ou supportable pour sa famille. Même les visites sur le site antique de Palmyre et les vacances au bord sur la cote à Lattaquié ne sont qu’un palliatif et ne suffisent pas à compenser le confort rudimentaire du village de Ter Maaleh où vivent les Sattouf. ...

29 août 2020 · #560 ·  BD

UNIX

Comme l’indique le sous-titre A History and a Memoir il s’agit pour Brian Kernighan – le K du célèbre K&R – de rédiger un livre de souvenirs qui tient lieu à la fois d’histoire d’Unix – ou UNIX. C’est aussi à l’inverse un livre sur l’histoire d’Unix qui contient des anecdotes sur cette aventure et sur sa matrice, le Bell Labs et son fameux département 1127. Kernighan insiste d’ailleurs beaucoup tout au long du livre sur l’importance de cette structure et des personnes qui y ont été rassemblées. C’est-à-dire sur l’aspect organisationnel et collaboratif. Les membres de ce département formaient ce qui est appelé une jelled team dans le livre Peopleware et Brian Kernighan semble être du même avis que les auteurs de ce livre pour dire que ces liens ne se nouent pas de façon artificielle. ...

Le Troisième Testament

La parole de Dieu ! Non plus interprétée par l’Homme, mais littérale ! Dictée dans les mots qui ont suscité toutes choses ! Ces mots qui ont exilé Adam et béni Abraham. Ces mots qui se gravent dans la roche et commandent aux Hommes. Un verbe tout-puissant, le Troisième Testament ! Je ne sais pas si cette série a inauguré le genre ésotérique – que j’appelais aussi mystico-religieux – en bande dessinée, mais elle en est sans aucun doute une des meilleures représentantes. Suite à la parution du premier tome en 1997, d’autres séries de qualité ont été publiées dans son sillage comme Le Décalogue1 ou encore Le Triangle secret. Le Troisième Testament semble être inspiré, ou en tout cas partage de nombreux points communs, avec Le Nom de la rose2 adapté au cinéma en 1986. Les thèmes sont très proches, les deux histoires se déroulent à la même époque, et le design des personnages a un air de ressemblance avec la distribution du film tant on croit reconnaitre Sean Connery en Conrad de Marbourg et F. Murray Abraham en Bernardo Gui – c’est le rôle qu’il tenait dans le film. C’est ce dernier personnage d’inquisiteur qui m’a mis la puce à l’oreille car je ne savais pas, avant de m’y intéresser, que ce livre regorge de personnages réels ou, pour être plus précis, de personnages s’inspirant de personnages ayant existé. Pour plus d’information, je vous renvoie à l’article de Wikipédia consacré à la série. Ajoutez à cela une jeune et jolie héroïne au décolleté plongeant à donner des sueurs à toutes les robes de bure aux alentours et une horde stylisée et vous obtenez un panel de personnages qui tient largement la route. Un dernier mot sur l’esthétique – j’englobe en disant cela les dessins ainsi que les choix artistiques – qui est l’un des atouts de la série, il n’y a qu’à observer la couverture des albums pour s’en convaincre. Malgré la vingtaine d’années qu’ils accusent, les dessins, sublimés – je pense – par de la couleur directe, restent un des atouts de la série et proposent quelques décors somptueux comme la lugubre et impressionnante île forteresse de Stornwall. ...

13 août 2020 · #558 ·  BD

L’origine de la violence

Lorsque j’ai retrouvé ce livre dans ma bibliothèque, je ne me souvenais même pas de l’avoir acheté – ça commence à devenir grave – et je connaissais encore moins son auteur Fabrice Humbert. Mais le titre bien choisi m’a donné envie. Cette lecture a donc été une totale découverte pour moi. Il s’agit d’un autre roman sur la Shoah et sur le traumatisme subi par les générations suivantes, c’est-à-dire par les descendants des victimes. Je le rapproche un petit peu d’un roman célèbre, Le choix de Sophie1 de William Styron, d’ailleurs il est cité dans le livre. ...

17 juil. 2020 · #554 ·  Roman

En Russie

L’une des facettes d’Olivier Rolin est d’être ce que l’on appelle communément un écrivain voyageur, il a ainsi publié plusieurs volumes que l’on pourrait ranger dans la catégorie des récits géographiques. Parmi eux, En Russie a attiré mon attention. Olivier Rolin a un tropisme pour ce pays, ou plutôt pour cette vaste région du monde. Voici ce qu’il écrit à ce propos dans la préface à l’édition publiée dix ans après la première parution de son livre. ...

Deuxième génération

Ce roman graphique est un récit autobiographique d’un enfant de la deuxième génération autrement dit les enfants des survivants de la Shoah. Il s’inscrit donc dans la même veine que Maus1, filiation que l’auteur revendique de façon explicite puisqu’il raconte même avoir essayé en vain de le faire lire à son père. À la différence de son illustre aîné qui abordait les deux époques (le passé dans les camps et l’après, la génération du fils), ce livre se concentre exclusivement sur la vie après les camps. Ou comment construire une famille lorsque la sienne a été décimée par les nazis. Les scènes du passé ne sont évoquées qu’à l’occasion d’histoires racontées par le père de l’auteur. ...

19 juin 2020 · #550 ·  BD

La Saga de Grimr

Une saga (mot islandais, pluriel sögur) est un genre littéraire développé dans l’Islande médiévale, aux xiie et xiiie siècles, consistant en un récit historique en prose, ou bien une fiction ou légende. – Wikipedia C’est par un retour aux sources sur le sol de feu de glace islandais au Moyen Âge que Jérémie Moreau a souhaité livrer sa saga. Ce qui est intéressant dans son approche c’est qu’il n’utilise pas un personnage existant, mais en crée un de toute pièce. Son destin est intimement lié à celui de sa terre natale et à ce qui en est l’une des particularités les plus notables, ses volcans. Comme eux, il est doté d’un tempérament bouillonnant et imprévisible. Il personnifie l’Islande, sa chevelure rousse flamboyante et sa force hors du commun en sont la parfaite illustration – il est comparé à la créature des légendes scandinaves le troll. ...

20 mai 2020 · #545 ·  BD

Le Grand Mort

Le grand mort est une série de bande dessinée en 8 volumes qui avait démarré en 2007 et vient d’être conclue l’année dernière, en 2019. J’ai eu la change de pouvoir les lire d’un trait ce qui permet de s’immerger dans l’histoire sans avoir à attendre plus d’une année entre chaque tome. Cette lecture en continue m’a permis d’effectuer une première constatation, en plus d’une dizaine d’années le changement dans les dessins n’est pas flagrant. Ils se sont certes affinés un peu avec le temps, mais à la marge, le tout restant très cohérent. Je commence en parlant des dessins car leur qualité constitue une porte d’entrée des plus accueillantes vers cette oeuvre. Même s’ils ne sont pas de Loisel ils sont tout à fait dans son style – le personnage de Gaelle est typique, elle ressemble un peu à la jeune Mara de La quête de l’oiseau du temps. Ils sont conventionnels – dans la sens ou ils devraient plaire au plus grand nombre, très travaillés et de grande qualité. Des couleurs vives, mais naturelles (utilisation de la couleur directe) viennent parachever ce travail visuellement extrêmement attractif. ...

11 avr. 2020 · #539 ·  BD