La nuit de l’oracle

New York, un écrivain, un carnet – un bleu et pas un rouge –, le hasard, une pointe de mystère et une mise en abîme, on est bien chez Paul Auster. Installez-vous confortablement et profitez de ce bon moment. Tout le monde connaît l’histoire du gars qui sort acheter des cigarettes et qui ne revient jamais. Eh bien c’est un peu cette histoire, mais en plus subtil. Sidney Orr, le personnage écrivain de Paul Auster, va se lancer dans l’écriture d’un roman dont l’idée lui a été soufflée par son ami et l’ami de sa femme – vous verrez, ce n’est pas anodin – lui aussi écrivain John Trause. Il s’agit de reprendre à son compte une anecdote racontée par Sam Spade le détective du roman de Dashiell Hammett Le faucon de Malte1. Elle est connue sous le nom de “parabole de Flitcraft”. Flitcraft, raconte Spade, est un homme bénéficiant d’une vie confortable, d’une famille, de l’argent, bref quelqu’un qui, comme l’on dit, a tout pour être heureux. Mais un jour, il quitte son travail et disparait. Que lui est-il arrivé ? Eh bien en allant déjeuner, il manquât d’être tuée par la chute d’une poutre tombée d’un immeuble en construction. Le souffle de la mort lui fit prendre conscience que l’existence peut s’arrêter d’un moment à l’autre et qu’il est temps de mettre de côté sa vie rangée pour en vivre une nouvelle. La morale – puisqu’il s’agit d’une parabole c’est-à-dire d’une allégorie – ne se trouve paradoxalement pas dans cette prise de conscience subite, mais dans la fin de l’histoire. Lorsque Spade croise Flitcraft des années plus tard, il vit sous le nom de Charles Pierce – ce qui semble être une référence au philosophe Charles Sanders Peirce – dans une autre ville. Il a un nouveau travail, une nouvelle femme et un bébé. Bref, Flitcraft a quitté sa précédente vie pour en recréer une similaire, il est revenu à sa vie d’avant. ...

L'Adversaire

Le matin du samedi 9 janvier 1993, pendant que Jean-Claude Romand tuait sa femme et ses enfants, j’assistais avec les miens à une réunion pédagogique à l’école de Gabriel, notre fils aîné. Il avait cinq ans, l’âge d’Antoine Romand. Nous sommes allés ensuite déjeuner chez mes parents et Romand chez les siens, qu’il a tués après le repas. Ce livre est le récit non romancé de cette tragédie. Le point de vue adopté est celui de l’auteur, Emmanuel Carrère. Qu’est-ce qui l’a poussé à entreprendre la retranscription de cette histoire sordide. Certainement pas le sensationnel, mais plutôt la volonté de tenter de comprendre l’incompréhensible. Le cheminement suivi par l’auteur a été long et le livre a bien failli ne pas voir le jour. Sa genèse et sa conception se retrouvent en filigrane dans le récit. La construction est basée sur la chronologie; pas celle des évènements mais celle du travail de l’auteur. ...

L'Art invisible

En bande dessinée, lorsque le dessinateur et le scénariste ont bien fait leur travail, paradoxalement ça ne se voit pas. Dans ce cas, on ne remarque pas une admirable transition ou des dimensions de cases particulièrement appropriées. Ce que le lecteur ressent reste au niveau de l’expérience de lecture, il va parler d’un rythme, d’une impression de fluidité. Bref on apprécie le résultat, l’effet produit et non les ficelles qui ont permis cette prouesse. C’est à cet endroit précis que réside l’art invisible et c’est tout le propos de Scott McCloud de nous montrer combien cet art, ce fameux 9ème art, est magique. Pour cela, il part de très loin en remontant le temps à la recherche des premières traces “d’art séquentiel” mais aussi et surtout à la source des processus complexes (cognitifs) mis en oeuvre par notre cerveau pour que la magie opère. Il insiste sur l’importance des blancs entre les cases — qui les avait remarqué —, ils permettent au lecteur d’imaginer ce qui s’est passé entre les deux cases, de faire lui-même la transition, de laisser libre cours à son imagination. Ce que je dis là est extrêmement réducteur par rapport à la justesse, à la pertinence et à la richesse de ce livre. ...

3 févr. 2013 ·  BD  ♥

L’analyse du récit

Yves Reuter est agrégé de lettres et enseigne à l’université Lille-III. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Introduction à l’analyse du roman. La trame du livre dont nous parlons ici, L’analyse du récit, reprend, en la simplifiant, la trame de ce précédent ouvrage. Il se donne donc pour objectif de présenter l’analyse du récit de manière condensée – il est publié dans la collection 128 des éditions Armand Colin qui propose en 128 pages des ouvrages de synthèse embrassant de nombreux domaines dont la littérature. Pour ce faire, il s’attarde sur ses trois grandes constituantes à savoir: ...

Un printemps à Tchernobyl

Dans le cadre d’une association, Emmanuel Lepage, accompagné d’autres personnes (artistes et journalistes) a entrepris le plus terrible des voyages. Un voyage l’amenant cette fois sur les terres de la désolation (il est l’auteur d’un précédent ouvrage consacré aux Terres Australes et Antarctiques Françaises intitulé Voyage aux îles de la Désolation1), celles qui furent le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire: la région de Tchernobyl et la ville voisine de Prypiat. ...

29 déc. 2012 ·  BD  ♥

Le rapport de Brodeck

On vient de confier à Brodeck une lourde tâche. Alors qu’il n’avait rien demandé, c’est tombé sur lui. Il a désormais la charge de raconter ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit de l’Ereigniës. Pour s’acquitter de sa mission, il va devoir lire au fond de l’âme des habitants du village et finira par explorer la sienne réduite en bouillie, à l’état de viande hachée, par la guerre et les camps. Il devra découvrir qui est vraiment l’homme que l’on appelle Vollaugä (yeux pleins), De Murmelnër (le murmurant), Mondlich (lunaire), Gekamdörhin (celui qui est venu de là bas) mais que tout le monde s’accorde finalement à nommer tout simplement l’Anderer (l’Autre.) Celui qui est arrivé un jour sans prévenir dans ce village balafré par la guerre. ...

Face aux ténèbres

En France, les troubles dépressifs majeurs touchent chaque année environ 8% de la population. Ce chiffre pourrait au moins être multiplié par deux si l’on prenait en compte les personnes présentant un ou plusieurs symptômes sans toutefois que le diagnostic de dépression puisse être établi. Autant dire que vous risquez d’y être confronté au cours de votre vie. Elle peut toucher quelqu’un de votre entourage, l’un de vos proches, un membre de votre famille ou vous-même. C’est le cas de l’écrivain américain William Styron. Dans son milieu, le milieu artistique et intellectuel, elle a fait des ravages et pris la vie de nombre de ses membres: “Hart Crâne, Vincent Van Gogh, Virginia Woolf, Arshile Gorky, Cesare Pavese, Romain Gary, Vachel Lindsay, Henry de Montherlant, Sylvia Plath, Mark Rothko, John Berryman, Jack London, Ernest Hemingway, William Inge, Diane Arbus, Tadeusz Borowski, Paul Celan, Ann Sexton, Sergei Essénine, Vladimir Maïakovski.” ...

Elmer

Gerry Alanguilan est philippin, ce n’est pas si courant que des bandes dessinées de ce continent parviennent jusqu’à nous. C’est certainement un gage de qualité mais nous y reviendrons. Son idée paraît complètement invraisemblable, complètement saugrenue. Il a tout simplement imaginé qu’un beau jour des années 70, les poulets prennent subitement conscience. Ils sont désormais doués de raison et ne vont donc pas tarder à se rendre compte de leur condition d’existence et du traitement qui leur est infligé par leurs tortionnaires les humains: élevage en batterie, massacre organisé pour se nourrir ou pour endiguer une épidémie de grippe aviaire. Ils ne vont pas tarder à revendiquer leurs droits, se révolter pour se libérer du joug de leur oppresseur. ...

23 juin 2012 ·  BD  ♥

Manabé Shima

Ce livre est un concentré de bonheur. Il éclate à chaque page avec ses beaux dessins et ses couleurs. C’est un carnet de voyage dessiné, presque une bande dessinée mais pas tout à fait. Il retrace les deux mois passés par Florent Chavouet sur une petit île du Japon. Une carte détachable de grand format offrant une vue détaillée de l’île figure à la fin de cet ouvrage qui par ailleurs fourmille de dessins de paysages, de monuments ou plus simplement d’habitations – les dessins de l’intérieur des habitations sont excellents avec leur perspective étonnante et leurs commentaires toujours très drôles. ...

La bataille

C’est à Balzac que nous devons l’idée de ce livre : Pas une tête de femme, des canons, des chevaux, deux armées, des uniformes ; à la première page le canon gronde, il se tait à la dernière ; vous lirez à travers la fumée, et, le livre fermé, vous devez avoir tout vu intuitivement et vous rappeler la bataille comme si vous y aviez assisté. Il en parlait lui-même en ces termes dans une lettre adressée à Madame Hanska. Intrigué qu’il n’ait pas mené ce projet à bien, Patrick Rambaud a repris le flambeau, relevé le défis. Et de quelle façon, ce livre est génial ! En seulement trois cent pages il nous transporte sur le champ de bataille aux côtés de Napoléon. Mais pas seulement, le lecteur va discuter avec les maréchaux, combattre auprès des cuirassiers et des voltigeurs et même vivre le combat de l’extérieur grâce à un spectateur de marque, Marie-Henri Beyle plus connu sous son nom de plume Stendhal. On a l’impression de se déplacer pour tour à tour se retrouver au front en plein coeur de la bataille où les hommes se livrent une lutte enragée puis à l’arrière sous la tente impériale où la tension est palpable lorsqu’il faut avaler les mauvaises nouvelles, définir la stratégie et ordonner. ...

L’urgence et la patience

Jean-Philippe Toussaint est un grand écrivain; voilà c’est dit. C’est peut-être aussi un grand réalisateur de cinéma mais je ne peux pas me prononcer car je n’ai pas vu ses films. Pour moi, il incarne les Éditions de Minuit. Son écriture est épurée, souple et agréable. Si je devais la caractériser de façon imagée, j’hésiterais entre deux visions qui pourraient paraître antinomiques. La première serait celle d’une mousse légère, aérienne bien qu’onctueuse. On prend plaisir à la savourer sans en subir la lourdeur. La deuxième serait celle d’un élixir, d’une boisson, peut-être d’un vin ou d’une eau-de-vie, quelque chose de travaillé, de distillé longuement. Il n’y en a pas beaucoup, on la déguste du bout des lèvres, par petite quantité, en la faisant rouler longuement dans sa bouche pour tenter d’en appréhender la complexité et la subtilité. Car l’une des choses que nous apprenons dans ce livre est qu’écrire ne s’improvise pas, il faut allier l’urgence et la patience. ...

Le Petit Prince

Que dire de plus sur ce livre archi-connu et archi-exploité au delà de sa forme originelle – on ne compte plus les adaptations sous diverses formes : BD, cinéma et même comédie musicale ? On peut simplement dire qu’il faut lire la version originale et que c’est un livre merveilleux pour les enfants et certainement encore plus pour les grandes personnes. Enfin, disons pour celles qui comprendront le secret du renard: ...

1Q84 T1

Vous l’avez certainement déjà lu quelque part mais je dois bien m’y résoudre, le pitch est un passage obligé – vous excuserez donc ma concision qui aura l’avantage de ne pas trop en révéler sur l’histoire. Ce livre met en scène deux personnages. Un homme, Tengo, qui est un professeur de mathématiques qui écrit des romans. Une femme, Aomamé, qui est un professeur d’arts martiaux qui tue des gens – pas comme Bruce Lee, elle possède une technique bien particulière. Je vous épargne l’histoire de la prononciation du Q remplaçant le 9 dans le titre pour vous dire que le roman se déroule en 1984 et que le livre de Georges Orwel est connu et évoqué par les personnages. Cet homme et cette femme vont, dans des sphères a priori séparées, être confrontés à une mystérieuse organisation. ...

Quai d'Orsay T2

Après un premier tome très réussi que vaut ce deuxième opus ? N’y allons pas par quatre chemins, il s’inscrit dans la continuité et est tout aussi excellent que le précédent. Quel plaisir de se retrouver plongé dans l’intimité d’un cabinet ministériel, d’observer l’art subtil de la diplomatie et de voir se nouer les luttes intestines. Avec à sa tête un ministre d’une telle carrure – au propre comme au figuré – et possédant un tel phrasé, c’est un réel plaisir et une bonne partie de rigolade. Nous retrouvons un Dominique de Villepin – pardon un Alexandre Taillard de Worms – encore plus flamboyant, charismatique, imprévisible et énergique que jamais. On ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour le personnage principal, conseiller en charge des “langages” auprès du ministre – comprenez en charge de rédiger les discours. On partage son incrédulité devant la fulgurance de son chef, ses sauts contextuels, ses idées hors du commun et sa propension à élever le débat pour affronter ses adversaires très haut dans un monde parallèle. ...

1 févr. 2012 ·  BD  ♥

Stoner

C’est un roman passif qui évoque toute une vie – ce n’est pas péjoratif, on emploie parfois ce terme par opposition au roman actif qui isole une crise. Cette vie, c’est celle de William Stoner. Ce n’est pas quelqu’un d’exceptionnel et c’est déjà l’une des forces de cette histoire. D’origine modeste, ce sont les études qui ont changé sa vie. Une matière a tout de suite retenu son intérêt: la littérature. Ce sera le fil rouge de sa vie. La seule chose que personne ne pourra lui enlever malgré les difficultés et les désillusions, elle restera toujours comme un refuge, une béquille de l’âme. ...

Pluto T2

Bien après la lecture du premier tome de la série qui m’avait laissé une impression mitigée, j’ai décidé de donner une deuxième chance à ce manga. Bien m’en a pris car ce second tome change la donne. J’avais été un peu déçu par le personnage principal du récit qui avait, selon moi, un charisme proche de celui de l’inspecteur Derrick. C’est encore un peu vrai mais, en le découvrant un peu mieux, on parvient à s’y attacher et même à ressentir de l’empathie. Au delà de ce personnage, la série s’étoffe et intègre, en marge de l’enquête sur les assassinats des robots et de leurs sympathisants, d’autres éléments. Comme souvent dans ce type d’histoire, le passé des personnages est peu à peu révélé et a des répercutions importantes sur les évènements se déroulant à l’époque du récit. Les personnages de Pluto ont participé à une grande guerre ressemblant très fortement à la guerre menée par les américains en Irak. ...

6 nov. 2011 ·  BD  ♥

Les états d'âme

Christophe André, le psychiatre, nous parle cette fois non pas des émotions mais des états d’âme. Qu’est-ce que les états d’âme ? C’est l’état indéfinissable dans lequel nous nous trouvons en permanence – vous n’êtes pas bien plus avancé. Ce n’est pas une grande émotion comme la peur ou la colère forte et entière, blanche ou noire. Ici, c’est tout en nuance dans d’infinis niveaux de gris. Quelque chose entre le spleen, un peu de mélancolie et une légère tristesse. Toute une gamme d’humeurs dans lesquelles nous vivons en permanence – c’est le mood anglais. Ce que Proust a merveilleusement décrit dans À la recherche du temps perdu, Christophe André nous l’explique avec sa vision et son érudition. N’allez pas croire pour autant qu’il va nous abreuver de termes scientifiques et techniques. Bien au contraire, il s’appuie énormément sur les auteurs et cite abondamment Cioran mais aussi Pessoa et bien d’autres comme Woody Allen bien connu pour son anxiété chronique. Je ne peux résister à reproduire ici la citation du cinéaste utilisée par Christophe André. ...

Le Viandier de Polpette T1

Voilà encore un titre étrange. Que peut-il signifier ? Il fait manifestement référence au Viandier de Taillevent qui est un livre de cuisine datant XVe siècle. Le mot “viande” est utilisé ici dans le sens latin de “vivenda” qui désigne les aliments en général. Polpette est donc le nom d’un cuisinier – c’est le personnage que l’on voit au premier plan sur la couverture assaisonnant consciencieusement le plat en train de mijoter. La couverture illustre parfaitement l’histoire, Polpette est toujours présent mais ne se trouve jamais au centre de l’action. C’est un grand gaillard tranquille et taciturne qui observe le monde autour de lui et vit pour sa passion : la cuisine. Le comte Fausto de Scaramanda que l’on aperçoit tenant un verre de vin à bout de bras est, comme on peut le supposer, plus expansif. Le comte est le propriétaire de l’auberge du Coq Vert dans laquelle est employé Polpette. Il se lève tard, boit un cocktail en guise de petit déjeuner et occupe ses journées à exercer des activités futiles et excentriques. Tout ce déroulais à merveille dans cette jolie auberge jusqu’à l’annonce de la venue d’un visiteur de marque. Cet évènement va bouleverser notre jeune comte en faisant remonter à la surface de bien vieux souvenirs. ...

11 juin 2011 ·  BD  ♥

Légendes de la Garde T2

Nous retrouvons nos souris dans un nouveau volume encore plus réussi que le précédent. Cette fois, il n’est plus nécessaire pour l’auteur de procéder à la mise en place de l’histoire mais ce monde nous réserve malgré tout encore bien des surprises. Les évènements relatés dans Automne 1152 ont laissé la Garde affaiblie et la venue soudaine d’un hiver rigoureux a forcé ses membres à se retrancher dans leur fief de Lockhaven. La pénurie qui les guette va les forcer à sortir de leur retraite et à envoyer des patrouilles sur les routes malgré des conditions climatiques extrêmes. La périlleuse mission qui est confiée à ces patrouilles est double : rapporter le ravitaillement nécessaire et convier les chefs de chaque clan à une assemblée générale. ...

8 mai 2011 ·  BD  ♥

Le bûcher des vanités

C’est le premier livre de Tom Wolfe que je lis et quelle claque. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on prend ce pavé de 900 pages en pleine figure. Les descriptions sont précises et font montre d’une grande lucidité et perspicacité de la part de l’auteur. Les dialogues sont terriblement efficaces, parfois drôles mais surtout sonnent vrai. Ce livre est le livre de New York des yuppies de Manhattan aux malfrats du Bronx. Toute une kyrielle de personnages se débat dans cette ville présentée comme LA ville du XXème siècle. Au fil de l’histoire, on sent bien que les destins des personnages vont finir par se croiser. On voit le terrible piège tissé par Tom Wolfe se mettre en place dans une mécanique implacable. Les fils de cette toile ne sont pourtant pas grossiers mais diaboliquement bien arrangés. On prend beaucoup de plaisir à les découvrir puis à les suivre pour voir les personnages s’agiter et glisser pourtant irrémédiablement vers cet abîme. On comprend peu à peu quel rôle va jouer chacun dans cette grande pièce dramatique. ...